Yoga Festival Paris 2018

Yoga Festival Paris 2018

Conférence donnée le 13 octobre 2018 au Yoga Festival Paris 2018

"Je n'échoue jamais, j'apprends" Nelson Mandela

La phrase « Je n’échoue jamais, j’apprends » pourrait être celle d’une personne arrogante dotée d’une ambition forcenée. Sauf que l’auteur de ces paroles est un géant de l’histoire contemporaine : Nelson Mandela qui après avoir obtenu la fin de l’apartheid au prix de 27 années de prison est devenu de 1994 à 1999 président de la république d’Afrique du Sud. Héros dans son pays, il est ressorti de cette mission dominée par l’épreuve avec un ressort extraordinaire. Il a été le moteur d’un ordre nouveau. Grâce à sa ténacité, un système injuste a été déboulonné.

On ne peut s’empêcher de voir à l’œuvre en politique le principe de l’union des contraires que représentent ida et pingala. Dans l’ordre de la dualité, l’un symbolise le déni, l’obscurité, la chute, l’autre l’éclat, la réussite au grand jour. Ce qui paraissait un obstacle infranchissable se révèle être un leurre empêchant de voir que noirs et blancs sont des humains à part entière. Il importe que la réflexion et l’influence d’un groupe soient à même d’éclairer la communauté et de faire éclater la vérité : avidya – l’ignorance de la vérité – fond comme neige au soleil.

Amener les parties adverses à fraterniser, c’est bien ce que la complémentarité de ida et pingala propose. Que sous-tend cette alliance ? Que veut-elle nous signaler à tous les moments de notre vie ? C’est que de l’harmonie des contraires naît une énergie ternaire. Elle n’est pas faite de l’addition des deux parties, elle est la résultante de leur fusion. A ce niveau, l’échec devient le tremplin du succès. Un temps de méditation peut transformer une vision fausse en un éclair de justesse. Nelson Mandela et ses amis étaient doués d’une force morale exceptionnelle. Dirons-nous que leurs années d’enfermement ont facilité leur détermination et la certitude d’une victoire finale ? On peut le penser quand on sait que pendant ces années d’isolement total à Robben Island, une île au large du Cap, Mandela pratiquait le yoga quarante minutes par jour. On lui proposa à plusieurs reprises d’être libéré à la condition qu’une fois dehors, il s’engage à promouvoir l’apartheid. Refus constant dont témoignent « Les lettres de prison ». Dans l’une, Mandela écrit : « J’ai découvert mon âme ». Quand à la faveur d’un travail de yoga sur soi-même, on se met à ressentir la vibration initiale dans ses os et sa chair, on n’hésite pas à affirmer que l’âme demeure vivante. On se reconnecte avec des ressources subtiles. Une porte se ferme, une autre s’ouvre. Telle est l’expérience de milliers de gens qui ont vécu deuils, maladies, ruptures tragiques et qui par un effort de résilience, ont trouvé la force de rebondir dans les espaces du dedans. Le feu intérieur qu’on le nomme enthousiasme ou foi, est la clé d’une action visible au dehors.

Sur le terrain de la pédagogie, J.M. Blanquer, notre Ministre de l’Education, écrit dans son récent livre L’école de la confiance : « La confiance est inhérente à l’acte éducatif. Tout échec doit être vu comme l’identification de ce qui permet le progrès ». J’en ai été moi-même intimement persuadée à partir du moment où jeune professeur, me trouvant en vacances à la montagne, j’ai entendu un moniteur de ski lancer à un sportif en herbe qui avait chuté dans un tournant : « Pourquoi es-tu tombé ? » Le petit bonhomme ne savait pas encore que les tournants se négocient avec une grande habileté ! ni que la prise de conscience de la mauvaise position corporelle, source de la chute, sous-tendait l’acquisition d’une maîtrise. Le moniteur était là pour le lui apprendre.

En classe d’anglais, la pratique du yoga m’avait amenée à réévaluer de manière tonique, les fautes que je soulignais dans les devoirs des élèves. Un beau jour, je pris la décision de ne pas les corriger en rouge mais à l’encre d’or. Le but : apprendre aux élèves à regarder leurs erreurs de manière positive. Non pas des points en moins mais des points à gagner si seulement ils apprenaient à détecter l’origine de la faute pour ne plus la répéter encore et encore.

Mon ami Kelou, maître de Kinomichi qu’il enseigne, me confie qu’une « veste » qu’on prend dans la séance et qui vous met par terre, ne se nomme pas chez lui chute mais roulade. Comme quoi le bon usage du verbe peut donner de belles couleurs à l’apprentissage.

Une autre manière de dire que l’échec loin de nous abattre, possède si nous le voulons, la vertu de nous rendre plus fort.

                                                                       

                                                                                                 Micheline Flak

Posted on 03/11/2018 Actualités 199

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